Basement Tapes
Great White Wonder
Bootleg: The Secret History of the Other Recording Industry
Blow
Live’r Than You’ll Ever Be
Vice : Vous avez grandi en Californie, c’est bien ça ?
Ken Douglas : Donc vous avez en quelque sorte repris l’entreprise familiale ?
Comment vous avez distribué vos premiers bootlegs ?
Et du coup, Dub et toi, vous en avez repressé tout de suite ?
Vous avez compris immédiatement que ce truc pouvait potentiellement vous rapporter pas mal d’argent, c’est ça ?
J’ai l’impression que c’était le moment parfait : la combinaison entre, d’une part, des artistes comme Dylan, les Beatles et les Stones qui rendaient les gens vraiment fous et, d’autre part, des lois suffisamment floues pour ne pas s’attirer trop de problèmes en faisant du bootleg.
Great White Wonder. Live’r Than You’ll Ever Be C’est le moment où ça a commencé à décoller pour vous ?
Oui, mais j’ai cru lire quelque part sur votre blog que Dub gagnait très bien sa vie.
J’ai jamais pensé ça. Je me dis juste que vous viviez plutôt pas mal pour des mecs de votre âge.
Vous disiez tout à l’heure que vous ne le faisiez pas pour l’argent, mais par amour de l’art.
Vous vous souvenez du moment où c’est devenu une activité lucrative pour vous ?
D’un autre côté, il y a tout ce mythe positif du hors-la-loi autour du bootleg. Cette idée de ne pas laisser les maisons de disques, ni même les artistes, décider de ce qui doit sortir ou non. Genre si les fans veulent un album live ou les Basement Tapes de Dylan, les bootleggers viennent libérer la musique au nom des fans. C’est une vision un peu trop romantique ou y’a quelque chose de cet ordre ?
Vous avez dit que vous bossiez pour Saturn alors que vous faisiez du bootleg. C’était comment cette double vie, de travailler simultanément des deux côtés de l’industrie, du côté légal et du côté underground ?
Est-ce que votre job légal vous a appris des techniques, des méthodes, voire vous a filé des contacts que vous avez utilisés pour le bootleg ?
Vous n’auriez pas pu vous en servir ?
Live’r Stealing J’ai l’impression que pour le pressage, il y avait un côté quitte ou double, pour trouver comment et où presser les disques.
Ça a l’air hyper gonflé.
Let It Bleed Waouh. Donc vous arriviez à faire presser les disques comme il faut, genre de façon professionnelle.
Live’r Let it Bleed Y’avait beaucoup d’usines de pressage indépendantes à l’époque ?
Je crois que pendant un moment les autorités se sont intéressées à votre activité, non ?
Billboard Vraiment ?
Rolling Stone C’était soit courageux, soit stupide.
C’est vraiment une couverture infaillible. Changer de nom.
Rolling Stone C’est assez malin. Vous étiez des gros hippies à l’époque ?
Les majors de l’industrie musicale ont toujours été plus ou moins corrompues et sournoises, c’est de notoriété publique.
Ouais. Mais au moins vous étiez des escrocs assumés, revendiqués.
Et c’est pas comme si les majors ne s’étaient pas inspirées de l’industrie du bootleg.
Get Yer Ya-Ya’s Out Live’r Live at Leeds Bootleg Series Sans compter les faces B, les « raretés », et même les coffrets collector, des formats qui viennent du bootleg et qui ont été adoptés par les maisons de disques officielles. Au final, les bootleggers ont rendu service à l’industrie du disque autant qu’ils l’ont plombée.
Et comment les artistes réagissaient à vos bootlegs ?
Vous aviez des couilles, quoi.
Live’r Est-ce qu’à un moment c’est devenu risqué ou dangereux ?
Il s’est passé comment, concrètement, ce rendez-vous ?
Avec le recul, vous pensez quoi de cette expérience de bootlegger, et comment vous la jugez aujourd’hui ?
Ragged Man Selon moi, c’est un peu dommage qu’il n’y ait plus aujourd’hui de bootlegs comme ceux que vous faisiez à l’époque. Les bootlegs d’aujourd’hui circulent sur Internet, mais ça n’a rien à voir avec la sensation de tenir un vinyle bootleg entre les mains. Je veux dire, rien que de savoir qu’on n’aurait pas dû l’avoir, que c’était un objet interdit, ça rendait la chose beaucoup plus cool.
Maintenant, on voit apparaître des live et des trucs inédits tous les jours sur Internet. Entre ça, le peer-to-peer, et tous les formats que les maisons de disques vous ont piqués, c’est un peu comme si votre quête avait été légitimée par l’histoire.
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Ken Douglas : Donc vous avez en quelque sorte repris l’entreprise familiale ?
Comment vous avez distribué vos premiers bootlegs ?
Et du coup, Dub et toi, vous en avez repressé tout de suite ?
Vous avez compris immédiatement que ce truc pouvait potentiellement vous rapporter pas mal d’argent, c’est ça ?
J’ai l’impression que c’était le moment parfait : la combinaison entre, d’une part, des artistes comme Dylan, les Beatles et les Stones qui rendaient les gens vraiment fous et, d’autre part, des lois suffisamment floues pour ne pas s’attirer trop de problèmes en faisant du bootleg.
Great White Wonder. Live’r Than You’ll Ever Be C’est le moment où ça a commencé à décoller pour vous ?
Oui, mais j’ai cru lire quelque part sur votre blog que Dub gagnait très bien sa vie.
J’ai jamais pensé ça. Je me dis juste que vous viviez plutôt pas mal pour des mecs de votre âge.
Vous disiez tout à l’heure que vous ne le faisiez pas pour l’argent, mais par amour de l’art.
Vous vous souvenez du moment où c’est devenu une activité lucrative pour vous ?
D’un autre côté, il y a tout ce mythe positif du hors-la-loi autour du bootleg. Cette idée de ne pas laisser les maisons de disques, ni même les artistes, décider de ce qui doit sortir ou non. Genre si les fans veulent un album live ou les Basement Tapes de Dylan, les bootleggers viennent libérer la musique au nom des fans. C’est une vision un peu trop romantique ou y’a quelque chose de cet ordre ?
Vous avez dit que vous bossiez pour Saturn alors que vous faisiez du bootleg. C’était comment cette double vie, de travailler simultanément des deux côtés de l’industrie, du côté légal et du côté underground ?
Est-ce que votre job légal vous a appris des techniques, des méthodes, voire vous a filé des contacts que vous avez utilisés pour le bootleg ?
Vous n’auriez pas pu vous en servir ?
Live’r Stealing J’ai l’impression que pour le pressage, il y avait un côté quitte ou double, pour trouver comment et où presser les disques.
Ça a l’air hyper gonflé.
Let It Bleed Waouh. Donc vous arriviez à faire presser les disques comme il faut, genre de façon professionnelle.
Live’r Let it Bleed Y’avait beaucoup d’usines de pressage indépendantes à l’époque ?
Je crois que pendant un moment les autorités se sont intéressées à votre activité, non ?
Billboard Vraiment ?
Rolling Stone C’était soit courageux, soit stupide.
C’est vraiment une couverture infaillible. Changer de nom.
Rolling Stone C’est assez malin. Vous étiez des gros hippies à l’époque ?
Les majors de l’industrie musicale ont toujours été plus ou moins corrompues et sournoises, c’est de notoriété publique.
Ouais. Mais au moins vous étiez des escrocs assumés, revendiqués.
Et c’est pas comme si les majors ne s’étaient pas inspirées de l’industrie du bootleg.
Get Yer Ya-Ya’s Out Live’r Live at Leeds Bootleg Series Sans compter les faces B, les « raretés », et même les coffrets collector, des formats qui viennent du bootleg et qui ont été adoptés par les maisons de disques officielles. Au final, les bootleggers ont rendu service à l’industrie du disque autant qu’ils l’ont plombée.
Et comment les artistes réagissaient à vos bootlegs ?
Vous aviez des couilles, quoi.
Live’r Est-ce qu’à un moment c’est devenu risqué ou dangereux ?
Il s’est passé comment, concrètement, ce rendez-vous ?
Avec le recul, vous pensez quoi de cette expérience de bootlegger, et comment vous la jugez aujourd’hui ?
Ragged Man Selon moi, c’est un peu dommage qu’il n’y ait plus aujourd’hui de bootlegs comme ceux que vous faisiez à l’époque. Les bootlegs d’aujourd’hui circulent sur Internet, mais ça n’a rien à voir avec la sensation de tenir un vinyle bootleg entre les mains. Je veux dire, rien que de savoir qu’on n’aurait pas dû l’avoir, que c’était un objet interdit, ça rendait la chose beaucoup plus cool.
Maintenant, on voit apparaître des live et des trucs inédits tous les jours sur Internet. Entre ça, le peer-to-peer, et tous les formats que les maisons de disques vous ont piqués, c’est un peu comme si votre quête avait été légitimée par l’histoire.
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