CHER VICE – J’AI ÉTÉ CHEZ STALINE


Gori, la ville natale de Joseph Staline n’est ni moche ni
triste. Gori c’est plutôt une ville où règne une ambiance très étrange
et indescriptible. Pas grand monde dans les rues, et les quelques
personnes que j’y croise ne font rien, ils sont là assis sur un banc à
manger leurs graines de tournesol, pas de boutiques, rien de coloré, on dirait une ville fantôme mexicaine.

On a rencontré un ex-membre des services secrets russes qui nous mâché tout le travail. Il nous a trouvé un guide qui parlait français et qui nous a ouvert tout spécialement la maison natale du dirigeant communiste et le musée construit à sa gloire.

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On commence par visiter sa maison.


Sous un énorme dôme à colonnes marbrées on peut distinguer la
pittoresque et modeste maison natale. Bon, à part nous faire
comprendre que le petit Joseph était issu d’une famille très modeste et
qu’il a réussi dans la vie, il n’y a rien à voir d’incroyable.

Ensuite nous passons au Musée Staline, construit juste derrière la maison.

C’est très sombre, très imposant, décoré principalement de marbre.

La guide nous raconte toute la jeunesse du jeune rebelle Joseph,
comment il lisait Victor Hugo alors qui n’avait pas le droit, puis par
la suite comment il s’est évadé à plusieurs reprise des camps de
travaux forcé (ses futurs fameux Goulags) en Sibérie et qui est rentré
au pays “à pied”.

Le musée est assez complet, d’une part il regorge d’effets
personnels du Camarade, son bureau, ses vêtements, ses cigarettes
préférée, ses photos de famille etc… Et d’autre part des présents
qu’il a reçus de ses fan du monde entier.

Voici quelques photos des trucs les plus étranges que nous avons trouvés dans le musée :

Les “Gertchegovina Flor”, ses cigarettes-papyros favorites.

Ou comment revisiter la conférence de Yalta, tout seul dans son musée.


Un cadeau offert à Oncle Jo : un tronc de bois sculpté à son effigie.


Un autre cadeau, une boîte qui ne sert à rien offerte par les ouvriers syndicalisés de l’usine Renault de Lyon.

À gauche : une lampe en forme de faucille et marteau
offert par des Polonais. À droite : tout un attirail de bureaux,
lampes, tampons, chandeliers, avec la représentation d’une des tour du
Kremlin de Moscou, offert par des Polonais.


Un vase représentant Staline enfant.


Une tapisserie mettant en scène Mao un livre à la main et Staline fumant une cigarette.

Pour finir, nous visitons son wagon privé et blindé. Un
endroit où pèse un atmosphère très lourde, un endroit ou il prit (je
pense) beaucoup d’importantes décisions,

Je ne sais pas quoi répondre à la question “comment le petit Joseph est devenu le grand Staline ?”. Peut-être qu’il
n’y avait pas assez de bordels à Gori. Et pour répondre à la question
“que reste-t-il de Joseph Staline dans sa ville natale ?”, je dirai pas
grand chose, une espèce de petite La Mecque à la gloire du personnage, une petite maison qui se donne plus d’importance qu’elle en a, et un
énorme musée rempli de gadgets incroyables, où il n’y a pas beaucoup de
visiteurs-pèlerins, mis à part moi, mes amis et l’armée russe en août
dernier.

VLADIMIR BESSON

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