
En contrebas des marais du pays de Waas, au nord de la Belgique, entre la centrale nucléaire d’Electrabel et le port d’Anvers, Doel est un village abandonné. Ces vingt dernières années, la population est passée de 957 habitants à 22. Une raison à cela : d’ici à 2020, Doel sera englouti par le fleuve Escaut.
En 1995, un plan d’élargissement a été signé par les autorités belges, en vue de transformer en zone portuaire tout le territoire dont Doel fait partie. Ce projet a pour nom Saeftinghedok. Peu à peu, les populations qui habitaient le hameau ont été contraintes de déserter les lieux.
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Depuis, la situation du village a été largement médiatisée, entraînant l’arrivée d’une nouvelle population de squatteurs – artistes, graffeurs, casseurs. Ces derniers arrivants ont transformé le village et amplifié les dégradations et saccages des maisons.
C’est la curiosité qui m’a amené à m’intéresser à la situation de Doel. Les croassements des corbeaux et le boucan des engins portuaires ont fait ressurgir les souvenirs de mon adolescence. J’ai grandi dans un lotissement en construction, en périphérie de Lille, et j’ai été tout de suite frappé par la connexion entre cette zone grise typique du monde contemporain et Doel.
C’est dans ce même lotissement que j’ai fumé mes premières clopes, sur les rebords des murs à peine maçonnés. J’y ai pété quelques vitres, mis le feu à des plaques d’isolant. Je me suis essayé au graffiti. Le saccage était un passe-temps.
Au final, en essayant de documenter la tragique histoire de Doel, est-ce que j’ai voulu y retrouver l’errance dans les débris – le territoire de mon adolescence ?
Allez voir le site photo de Cédric














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