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Il vous faudra des plombes pour choper la version numérique de « Halo 5 : Guardians » – mais ça vaut le coup

Il m’a fallu des plombes pour télécharger la version numérique deHalo 5 : Guardians sur ma Xbox One. Pendant que j’enchaînais les cigarettes et en me réjouissant à chaque petit pourcent grappillé, je me suis souvenu de ce sentiment d’excitation épidermique que seul Halo me procure. Je me souviens d’une nuit dans les brimes de Ashford, saoul, faisant la queue pour choper Halo : Reach, qui sortait à minuit. D’une nuit entière sans sommeil en attendant que le GAME de Aberystwyth mette enfin en vente ses exemplaires de Halo 3, à l’heure impossible de 7 heures du mat’. Les yeux rougis, j’avais déchiré l’emballage pour me plonger au plus vite dans cette campagne héroïque après des mois de rumeurs, d’attente, de captures d’écran, de secrets et de mensonges.

Et nous y revoilà. La totale. Le space-opera à 60 images-seconde que l’univers entier s’arrache, l’affrontement final des Spartans, l’enfant terrible de 343 Industries, le triple-A des consoles de salon fait son retour. Jeu le plus attendu de a X Box one depuis son lancement et plus gros démarrage de l’histoire de la saga, Halo 5 : Guardians est enfin disponible. Vous pouvez l’échanger contre de l’argent et le tenir dans vos petites mains moites en évitant les regards des passants.

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Mais la peau qui frétille, les exagérations, les ceci et même les cela, la fanfare céleste qui fait de cette franchise le Star Wars des jeux vidéos, je suis au regret de vous annoncer que Halo 5 : Guardians est en fait un succès mitigé.

Commençons par le positif.

LES VISUELS DÉFONCENT
Chacune des 60 images de chaque seconde du jeu est un bukkake de couleurs. Sérieux. Nettoyez un petit spot sur le sol de votre salon pour y laisser tomber votre mâchoire parce que celle-ci va se décrocher dès la fin de la première cinématique et le restera jusqu’à ce que vous pressiez Y pour zapper les crédits de fin. Guardians est tellement beau que vous aurez parfois du mal à le supporter. Vous sentez la fraîcheur de ces millions de pixels qui viennent hydrater la couche supérieure de votre épiderme ? Retenez vos soupirs de plaisir. Creusez-vous la tête : c’est quand la dernière fois que vous avez ressenti ça ? Halo est de retour.

Le mode campagne dure sept heures : largement de quoi savourer la beauté technique du jeu. Les développeurs ont des milliers d’occasion de faire étalage de leur talent, car le jeu regorge de scènes grandioses. Descendez la colonne vertébrale de l’un des Guardians colossaux et abattez un Kraken gargantuesque grâce à un escadron de Banshees. Traversez l’imposante Sanghelios et savourez l’armement prométhéen qui prend vie entre vos mains.

LE DESIGN SONORE DÉFONCE
Chopez un bon casque, prévenez vos colocs scotchés à Top Chef, votre mère désespérée, votre copine à bout de souffle ou votre chat obèse : qu’ils abandonnent tout espoir de communiquer avec vous dans les heures qui viennent. Vous êtes sur le point d’infliger à vos oreilles une symphonie de bruitages orgasmique comme elles n’en ont plus connues depuis Vanquish. Les sons semblent à la fois terriblement vivants et tout droit venus d’une autre planète. Bruits sourd des armes qu’on recharge. Tintements des grenades. Gloussements, grognements. Mélodie des armes légères dont on vide les chargeurs. Vous baignez dans une ambiance sonore électrique et chaque effet est si clair, si créatif, qu’il est impossible de l’ignorer.

Sans parler de la musique qui n’a pas peur de vous prendre aux tripes, de vous faire monter la tension et de vous déchirer le cœur.

LES NOUVEAUX MOUVEMENTS DÉFONCENT
J’ai découvert qu’il y avait peu de choses plus satisfaisantes dans la vie que de savater par derrière un Grognard qui se faisait la malle Ou d’en enfoncer un dans le sol jusqu’à ce que ses dents bordent son anus. Maintenant, on peut aussi viser bas, se propulser pour esquiver une attaque, flotter dans les airs et grimper aux corniches. Chacune de ces nouveautés apparaît comme indispensable et apporte un sacré coup de neuf à la saga. Ce qui la remet aussi dans le ton de FPS plus posés et plus modernes, comme les Call of Duty et Titanfall. Moi, je trouve ça positif, mais c’est à vous de voir.

LES COMBATS DÉFONCENT
On n’a jamais vu une telle boucherie dans la série. Si je passe les nuits précédant la sortie d’un nouvel opus rongé par le stress et l’attente insupportable du lendemain, ce n’est pas pour son scénario. Ce que j’aime, c’est les ennemis sournois, les batailles épiques et les combats inimitables. Pourquoi ? Parce qu’une fois dans le cœur de la bataille, Halo est indépassable. C’est l’équivalent de la place que squatte le chat devant la cheminée, de la première clope après quelques pintes : c’est comme rentrer chez soi après un long voyage.

Les combats de Halo 5 sont dignes d’un ballet classique. Chaque carte propose son lot de passages en hauteur, de passages secrets, de tourelles, d’armement abandonné qu’on s’acharne à retrouver en premier, des dizaines de manières de déborder l’adversaire sur ses flancs et une poignée de véhicules à couper le souffle. De ce point de vue là, le jeu met une bonne claque à Destiny. Ce qui est plutôt drôle, quand on y pense.

LE MULTIJOUEURS DÉFONCE
Le mode multijoueurs de Guardians remplit tous les prérequis. Ouvrez grand les yeux et plongez dans la Zone de combat, un jeu de conquête à la Battlefield en plus grand, avec des ennemis à l’IA démentielle et des centaines d’occasions de penser « putain, il faut à tout prix que je raconte ça à quelqu’un ». Générez un fantôme et passez discrètement derrière les lignes ennemies, apparaissez subrepticement derrière les snipers embusqués adverses ou tentez votre chance à pied. Quel que soit votre style de jeu, vous allez vous éclater.

Des années de CoD et de Destiny vous ont rendu difficile ? Plongez donc dans l’arène de Halo 5 mais attendez-vous au pire, parce qu’elle demande qu’on s’y investisse. Le mode de jeu qui fait toute la différence, c’est Breakout. Pour gagner un point, il faut soit tuer l’équipe adverse, soit capturer le drapeau, avec une seule vie par partie. Comment décrire l’excitation que j’ai ressentie quand j’étais le dernier rouge face à deux bleus, que j’ai réussi à les étaler tous les deux quand ils ont surgi d’un angle mort à pleine balle et que j’ai pu entendre mes coéquipiers grogner de satisfaction dans le casque haut de gamme que j’avais enfilé, comme conseillé ? J’y travaille.

On dirait que les microtransactions font chier un paquet de monde… on peut les voir comme un signe annonciateur du futur sombre qui attend Halo, mais elles ne poseront problème qu’à ceux qui tiennent absolument à terminer chaque map à 100%.

Et maintenant, voyons ce qui ne va pas.

LE VEILLEUR ÉTERNEL EST À CHIER
L’un des bosses de Halo 5 s’appelle Le Veilleur Éternel et laisse-moi vous dire que ce mec est une trompette. Il a une grande épée et un point faible illuminé dans le dos. Vous l’affrontez une première fois, et dans le plus haut niveau de difficulté, il vous inflige quelques coups mais c’est cool. Puis vous l’affrontez une deuxième fois. Et une troisième. Et encore. Et encore. Au bout d’un moment, vous comprenez que vous en avez fini pour de bon avec lui et vous vous demandez alors comment 343 peut s’en tirer aussi facilement.

Franchement, avec Metal Gear Solid V et Bloodhorne, qui sont sortis cette année, on a eu droit à certains des bosses les plus innovants et anxiogènes de tous les temps. Rien ne peut pardonner ce cruel manque d’imagination. C’est de la merde et c’est indéfendable.

L’HISTOIRE EST À CHIER
Je l’ai déjà dit mais j’insiste : je n’achète pas un Halo pour son scénario. J’imagine que personne ne fait ça. Et juste pour mettre les choses au clair : ce n’est pas avec celui-ci que la donne va changer. Laissez-moi vous dire que les amateurs d’ethnologie en ligne ou d’histoires rocambolesques à tiroirs risquent d’être déçus. Pourquoi cette femme n’a-t-elle qu’un bras ? Tiens, je pensais que Locke et Chief allaient se mettre sur la gueule. Ha bon ? Ça finit comme ça ? Ha.
Pour rester positif, disons que le baragouin moralisateur des personnages est au moins l’occasion de savourer des prouesses techniques qui risquent de définir de nouveaux standards dans le monde du jeu vidéo. Ces cinématiques valent vraiment le coup.

LES ÉQUIPES GÉRÉES PAR L’IA SONT À CHIER
Ou, pour nuancer un peu, aussi utiles qu’une armée de soldats en chocolat. Inutiles, que vous soyez du côté des bleus ou d’Osiris. Bon, elles servent dans certaines parties du jeu et peuvent être à peu près dirigées, mais dans les niveaux de difficulté élevés, les batailles contre des hordes de chevaliers prométhéens et ce Veilleur à la con, ça devient difficile. Elles sont tellement nulles que vous en sentirez votre urine fermenter dans votre vessie.

Regardez ! N’est ce pas incroyable d’être renvoyé au checkpoint précédent alors que Buck était juste à côté de vous ?

Savourez ! Tanaka se précipite sur vous, croyant bien faire, pour vous aider, mais s’empale dans les bras grands ouverts d’un chevalier mécontent.

Fulminez ! Il vous faudra une nombre d’essais incalculable pour venir à bout de certains morceaux.

Naviguez ! dans votre répertoire téléphonique et trouvez fissa des amis en chair et en os à même de vous rejoindre.

BREF, IL Y A DU BOULOT AVANT HALO 6
Au final, c’est loin d’être parfait. L’histoire est brouillon, aucune trace de l’éditeur de maps Forge, on a droit à des combats de bosses à deux balles et à moins d’avoir des potes pour vous aider, la campagne solo est en partie gâchée par l’IA.

Mais quand Guardians fait le taf, ce n’est pas à moitié. À lui tout seul, le mode Warzone va rester dans les mémoires de toute une génération : certaines des plus belles luttes multijoueurs de tous les temps se joueront ici.

La campagne a quand même son lot de moments et d’images à couper le souffle— les Gardiens qui donnent leur nom au jeu trônant comme des colosses tout puissants dans le ciel rosi, l’effroyable kraken vous poursuivant dans des parois rocheuses escarpées, et la joie simple et pure d’enfin voir Halo en 60 images secondes pour de vrai.

Les combats vous combleront, la liberté permise par les nouveaux mouvements est appréciable et on ne se lasse jamais de tutoyer une fois de plus les Elites.

Alors. Au final, est-ce que ça vaut le coup de sortir de chez soi pour l’acheter ? Bah oui. D’ailleurs, je serai devant le GAME de Camden pour acheter le 6 dès qu’il sera annoncé — si le shop est toujours ouvert — et vous aussi. 343 doit régler les problèmes trop apparents de cet opus pour faire du prochain volet la nouvelle génération des Halo, qu’on attend tous avec impatience.

Halo 5 : Guardians est désormais disponible en exclusivité sur Xbox One.Cet article a été rédigé en partenariat avec Nvidia Shield – cliquez ici pour découvrir leur catalogue.

@jonothonbeech

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