Aeroplanes est un faux groupe d’un seul mec qui n’a rien à voir avec le duo de disco belge Aeroplane. Pour ne rien arranger à sa situation déjà très compliquée, il a foutu dans son top myspace une foule de gens vivants très disparate avec entre autres les Naast et Dario Argento, mélangée à des gens morts qui n’ont rien à voir entre eux, genre Ron Hardy et Pierre Schaeffer. Sa musique aussi est tellement compliquée qu’elle rentre facilement dans la case “difficile d’accès”. Imaginez un mélange d’ambiant, de musique de film et de space-disco italienne over-sexuelle, d’où se dégagerait une version moderne du fameux “charme français”. Eva Revox lui a posé quelques questions et en vrai, Aeroplanes n’est pas si compliqué que ça.
Vice : Peux tu présenter Les Aéroplanes en deux mots?
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Aeroplanes : Réponse à choix multiples : TRANSATLANTIQUE ANALOGIQUE, ITALIAN STRINGS, JAPANESE BEATS, AMERICAN FILTERS.
Comment un jeune frenchy se retrouve t-il catapulté sur un label underground mythique de Chicago ?
Grace à JAMAL MOSS AKA HYEROGLYPHIC BEING. Pour mieux comprendre, je recommande la lecture d’une interview sur le blog de son myspace (2 deep 2 digest), un véritable manifeste…ainsi que la cohérence qui règne entre ses nouvelles signatures, comme par exemple Takeshi Kouzuki dont l’excellent EP, Japanese Rythms, est sorti en septembre dernier.
Pourquoi quand on a vingt ans en 2009 décide-t-on de faire de la musique avec de vieux synthés et du matos analogique vintage ?
Afin d’abattre les cathédrales de l’industrie, il est plus judicieux de poser une bombe dans la crypte que de démonter la flèche tuile par tuile. Naturellement, les instruments analogiques ne sont pas dénués d’une certaine qualité esthétique, à laquelle je suis sensible. Je ne suis pourtant pas un “collectionneur de matériels vintages », je n’ai pas plus de machines que le nécessaire pour réaliser ma musique, et suis assez vite dégoûté par les concours de quantité. Le courant EDF, un oscillateur, un filtre, contre des 0 et des 1.
À la vue de ton MySpace, je serais curieux de connaître le dénominateur commun entre ta musique, le bondage, les barres HLM, le grand banditisme, la mort de Mao et les compagnies aériennes…
L’extrémisme politique sexuel urbain social… à réaction. À une époque où des lignes de prêt à porter se prétendent rebelles et que certains montent sur scène avec leurs ordinateurs portables en prétendant faire de l’électro punk, il est temps de remettre les compteurs à zéro. Voilà pourquoi.
D’où vient cette obsession pour les avions ?
D’aussi loin que je puisse me souvenir, je crois avoir toujours été attiré par l’aéronautique. Je citerais d’ailleurs à ce propos la géniale Amélia Earheart: “Aucune chose qui puisse prétendre être un tel compromis de beauté, d’utilité et de progrès comme l’est l’aviation”. Ou bien encore Marcel Dassault, “un avion vole bien parce qu’il est beau”.
C‘est Airbus qui va être content. “Music for Airports” de Brian Eno et l’indicatif de l’aéroport de Roissy conçu par Parmegiani, ca t’inspire ?
Pour Brian Eno c’est plutôt “Taking Tiger Mountains by Strategy”. Pour ce qui est de Parmegiani, ce n’est pas seulement l’indicatif de Roissy mais l’œuvre complète dont mes voisins pourront sûrement citer leurs passages préférés.
Qu’as-tu retenu des années 1990 ?
Star Trek tous les jeudis soirs sur Canal Jimmy, Apple Expo chaque année à la rentrée scolaire. Du plastique et encore du plastique, de la pourriture intimiste comme Radiohead et le très bon “Shleep” de Robert Wyatt en 1995.
EVA REVOX
Le maxi d’Aeroplanes Impersonnal Naviguant, est sorti chez Mathematics Communication.
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