À ce stade du championnat, tout le monde et sa soeur est au courant : Rihanna est de retour, elle s’apprête à sortir son nouvel album R8 et pour nous faire patienter, elle a balancé il y a un peu plus d’une semaine un nouveau titre, « Bitch Better Have my Money ». Mais avec Rihanna et Kanye West (producteur exécutif du morceau) en vitrine, on a vite fait de zapper celle sans qui ce morceau n’aurait jamais existé. Car, vous ne le savez surement pas, mais avant de devenir le nouveau char d’assaut de Rihanna, #BBHMM n’était rien de plus que le morceau d’une jeune berlinoise de 20 ans prénommée Bibi, enregistré sur un brouillon de Deputy de Rock Nation, dans un studio de L.A.
Mais ne considériez pas pour autant Bibi Bourelly comme une énième hit-makeuse à la solde des majors : cette fille en a un peu plus que ça sous la semelle. Il suffit de checker son compte Instagram, où on trouve tout un tas de trucs assez dingues, d’extraits live de ses morceaux à de superbes covers d’Oasis en passant par des tonnes de photos avec tout le gratin du show-bizz.
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J’ai contacté Bibi pour parler de sa collaboration avec Rihanna, de sa nouvelle notoriété et ce qu’elle comptait en faire.
Noisey : Salut, Bibi. Tu es où, là ?
Je suis … [silence ] à L.A. Je ne sais pas pourquoi, mais c’était difficile à dire.
En ce moment, à chaque fois que je veux dire quelque chose, j’ai envie de commencer par « Bitch better… »
C’est génial ! C’est une expression importante… Les niggas ne vont pas ramasser ton blé.
Raconte nous l’histoire de ce morceau.
On était avec Deputy dans un des studios dans lequel j’ai l’habitude d’enregistrer. C’était à l’époque où j’écrivais mes textes en écoutant les beats, ce que je ne fais plus aujourd’hui. Deputy a lancé un beat et j’ai commencé à chanter « BITCH BETTER HAVE MY MONEY », parce que j’étais super énervée ce jour-là, et ça a tout de suite accroché. On a fait ce morceau en trois heures en studio, puis Dep est rentré chez lui et a continué à travailler dessus. Et les gens ont eu l’air de l’apprécier.
Je trouve ça dingue de pouvoir écrire des titres aussi puissants en moins d’une journée.
Toute ta vie peut changer une heure. C’est totalement dingue pour moi vu que ça ne fait qu’un an et demi que je suis là-dedans. C’est bizarre, mais je me dis que j’ai juste eu de la chance. Tout s’est passé à une vitesse… J’ai eu énormément de chance.
#freestyle #stu #BIBI2015 #drunkaf
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On t’a demandé d’écrire ce morceau spécifiquement pour Rihanna ?
Non, à la base on a juste fait ce morceau pour le fun en se disant « et si on écrivait un son pour Rihanna ». On ne pensait même pas qu’elle l’écouterait un jour. D’ailleurs, on a vraiment galéré pour lui faire écouter. Mais quand le morceau est finalement arrivé jusqu’à elle, elle l’a trouvé cool. Elle a aimé ce que je faisais parce qu’elle a senti que j’y mettais de la passion. Je pense que c’est cette passion qui l’a séduite.
Quand je regarde ton Instagram, je te vois poser avec Kanye, Usher, Pharrell. Même si la plupart d’entre nous en savent pas du tout qui tu es, les gens du milieu semblent bien te connaitre.
Oui, le contraste est assez dingue, en effet.
Tu as déjà travaillé avec ces artistes ?
J’ai travaillé avec Kanye. Il a entendu « BBHMM » quand on l’a joué pour la première fois et il a adoré. Puis il m’a fait rencontrer Rihanna, qui a validé le titre.
Raconte-nous un peu ton histoire.
Mon père est musicien professionnel. J’ai grandi entourée de bassistes sénégalais et ghanéens qui se retrouvaient dans ma cuisine pour parler de théories du complot. J’ai suivi mon père en tournée dès mon plus jeune âge. La musique a toujours coulé dans mes veines et dicte tout ce que je fais. Aujourd’hui j’ai 20 ans et ça fait 16 ans que j’écris. C’est ma manière de communiquer.
Tu es née à Berlin ?
Oui, je suis allemande. Berlin c’est mon identité, ma musique, la manière dont je m’habille, la manière dont je parle. J’ai grandi en arpentant les quartiers et les rues de cette ville. Je tagguais, j’écoutais de la musique, et j’aimais m’assoir en haut des buildings désaffectés. Je ne voulais jamais rentrer chez moi. Puis, j’ai eu quelques soucis et je suis parti aux Etats-Unis.
Quel genre de soucis ?
J’ai déconné à l’école, j’ai dû prendre des cours de rattrapage et j’ai foiré mes exams. J’étais une rebelle. Contrairement aux autres enfants de mon âge, je savais déjà qui j’étais. Donc j’ai dit merde à l’école, j’ai fait ma valise et je suis venue à L.A. J’ai toujours voulu faire de la musique. Et un an après, j’écris un titre pour Rihanna…
Il y a pire comme parcours.
Je travaille dur depuis que je suis gamine. Aujourd’hui, je connais bien la musique. Certains gens pensent que vivre de la musique est impossible, mais pour moi la musique est une réalité. Aller au lycée puis à la fac, pour moi, ça n’avait aucun sens. Je savais qu’un jour la musique payerait. L’essentiel c’est d’avoir confiance en soi et de bien se connaitre soi-même.
Tu as aussi écrit « Higher » pour l’album de Rihanna?
Oui, c’était un super morceau auquel je tenais vraiment elle en a fait un vrai hit. « Higher » se rapproche plus de ce que je fais habituellement.
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Quand tu as commencé à travailler avec Rihanna, ça n’a pas été trop dur de faire le tri entre ce que tu voulais garder pour toi et ce que tu acceptais de lui laisser ?
Travailler avec Rihanna a complètement changé ma vie. Pour écrire « Higher » j’ai mis 20 minutes, et ce sont ces 20 minutes qui ont changé ma vie. Elle a entendu « Higher » avant « Bitch Better Have My Money », même si « Bitch Better Have My Money » est le premier morceau que j’ai écrit pour elle.
Ça te fait peur, cette célébrité soudaine ?
Au début, ça m’effrayait un peu, oui. Mais aujourd’hui, je suis plus sûre de moi et j’ai compris que pour faire de grandes chose, il fallait faire des sacrifices et donner de sa personne. Je suis heureuse de faire ce que j’aime. Et si ma musique peut aider les gamins à passer une meilleure journée en cours ou les gens à supporter une dure journée de travail, alors j’ai atteint mon but.
Tu as quoi de prévu pour la suite ?
Les gens n’ont encore rien vu ! J’ai des trucs prévus pour bientôt. Très bientôt.
Ça ne t’embête pas qu’on te perçoive, pour le moment, comme une faiseuse de hits plutôt que comme une artiste à part entière ?
Je suis une artiste. Je n’écris pas des morceaux pour avoir mon nom sur l’album ou pour faire de l’argent. Je fais de la musique pour exprimer ce que j’ai au fond de moi. On dit qu’il faut 10 000 heures de pratique pour devenir un maitre dans son domaine. Et tu sais quoi ? Je les ai fait ces 10 000 heures et je n’ai même pas vu le temps passer, parce que j’adore ce que je fais. C’est pareil pour un joueur de football. Quand tu sais que tu as trouvé ton truc, tu plonges tout entier dedans. C’est le sentiment le plus puissant au monde. Je n’ai rien d’autre dans la vie que la musique. C’est ma drogue, mon addiction, ma maladie, ma psychose, mon obsession.
Joe est sur Twitter.
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