« J’aime l’argent autant que n’importe quel fils de pute, mais si j’étais dans l’industrie musicale uniquement pour ça, y’a longtemps que j’aurais lâché l’affaire. » Tel est le gospel de John Garcia, ex-chanteur des maîtres du desert rock, Kyuss, qui ont sorti quatre albums définitifs avant de tirer leur révérence en 1996. Un split qui n’avait pas ému grand monde à l’époque. Mais le temps a fait sa lourde besogne, et aujourd’hui Kyuss est considéré comme une référence absolue et un maillon crucial dans la longue chaîne du stoner rock.
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Noisey : Ça faisait combien de temps que tu avais cette idée d’album solo en tête ? John Garcia Certaines de ces chansons remontent donc à ton adolescence ? Comment l’as-tu rencontré, d’ailleurs ? Il connaissait ton boulot avant que Harper le contacte ? C’est toi qui as écrit la musique de ces morceaux ? C’est un peu ton « Mama, I’m Coming Home ».
C’est ça. Danko et moi avons fait une tournée il y a 10 ou 11 ans, au moment de la naissance de ma fille. Je lui parlais toujours de ma famille qui me manquait et de trucs comme ça. Quelques mois après la tournée, il m’a envoyé un enregistrement de lui qui jouait « 5000 Miles » sur son balcon. Il m’a dit qu’il l’avait spécialement écrite pour moi et pour mon album solo, dont je parlais à cette époque.

Il y a aussi une reprise sur le disque…
Ouais. Rolling Stoned » est à la base un morceau de Black Mastiff, un groupe d’Edmonton au Canada. Je vais rarement voir de groupes en concert, la plupart du temps je vois nos premières parties quand on est en tournée. J’ai croisé Black Mastiff quand j’étais à Edmonton et j’avais vraiment accroché sur ce titre. Je leur ai dit que je voulais l’avoir sur mon album solo. Que ça soit clair, si je pouvais chanter comme Philip Bailey de Earth, Wind & Fire, je reprendrai probablement une chanson de Earth, Wind & Fire. Mais le falsetto c’est pas mon truc. Je suis simplement un fan de musique, et pour moi il n’y a aucune règle à respecter quand t’es chanteur. Si c’était le cas, j’aurais abandonné dès le départ. Quand j’entends un truc que j’aime, rien ne peut m’empêcher de le chanter.
S’il y a truc à retenir au sujet de ma carrière, c’est que je n’aime pas rester au même endroit trop longtemps. Kyuss a été ma plus longue aventure. Après ça—Slo Burn, Unida, Hermano, Danko Jones, Mad City Rockers, Arsenal, the Crystal Method— toutes ces expériences ont duré peu de temps. Il y a des chanteurs qui restent dans un groupe et un groupe seulement, mais moi j’adore explorer. Je vais simplement là où mon instinct me dit d’aller. Appelez ça « se prostituer » si vous voulez, ce n’est pas comme ça que je vois les choses. Appelez ça « diluer sa carrière » si ça vous chante, mais je ne crois pas que ce soit mon cas. Comme je l’ai dit avant, il n’y a pas aucune putain de règle. Si je veux faire un disque de polka sous l’eau, je le ferai. Point barre.
Après le split de Kyuss au milieu des années 90, tu es resté impliqué dans trois groupes principaux, Slo Burn, Unida et Hermano, qui ont tous ont plus ou moins réussi. Et puis à chaque fois, ça a implosé en plein vol. C’est arrivé une nouvelle fois avec l’affaire Kyuss Lives qui t’a poussé à changer votre nom en Vista Chino. T’as déjà pensé qu’on t’avait jeté un sort ? Cet album solo c’est un peu une façon de le conjurer ?Ouais, tu as raison. Mais plus que maudit, je me sens surtout épuisé. Slo Burn n’aurait jamais dû naître, pour être honnête avec toi. Je me suis lancé là-dedans juste après avoir quitté Kyuss, et j’aurais dû réfléchir à deux fois et prendre une meilleure décision. Je ne regrette pas ce groupe mais j’aurais dû faire les choses différemment. Je parle toujours aux anciens membres, hein – deux d’entre eux ont joué sur mon album. Puis Unida est arrivé, et on était en pleine possession de nos moyens. J’ai vraiment tout donné dans ce groupe. On a enregistré ce disque pour le label American, en dépensant 350 000 $ dessus. On l’a enregistré au studio Sound City et c’est George Drakoulias qui l’a produit. Il était sur le point de sortir quand le business a repris le dessus : American/Sony/Columbia ont divorcé et American a été récupéré par Island/Def Jam. Mais Island/Def Jam ne voulait pas de tous les groupes du roster American de l’époque, et on faisait partie de la liste noire. Ça a vraiment été un gros, gros revers dans ma carrière. Peu de temps après, mon ami John Howard, un grand vétérinaire, m’a appelé pour me demander si je pouvais l’aider à gérer sa nouvelle clinique. J’ai foncé, j’ai adoré ça et je suis resté bien plus longtemps que prévu. Pendant que je travaillais là-bas, j’avais encore mon fix musical avec Hermano, qui était surtout un groupe pour le fun. Je prenais deux semaines de vacances par ci par là pour qu’on puisse partir en tournée en Europe et ensuite je rentrais filer un coup de main au docteur Howard. La plus grosse déception de ma carrière a été cet album raté d’Unida.
Un album qui tuait en plus, au passage. J’imagine que tu le sais, un bootleg du disque circule depuis. C’est vraiment dommage qu’il ne soit jamais sorti officiellement. Tu as résolu tes histoires avec Scott Reeder et Josh Homme depuis qu’ils ont poursuivi Kyuss Lives pour que vous changiez de nom ? J. Bennett écoutait Kyuss avant tout le monde. Eh ouais.Plus de rock du désert sur Noisey Face à Acid King, vous n’êtes que des insectes Mr. Roadburn Bong planent tellement qu’ils n’ont même plus le temps pour la haine Les 8 groupes stoner qui ont fumé le moins de joints en 2013
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