Livres et dvd

TAXIS PLEINS, TAXIS VIDES 
Édité à 500 exemplaires par JSBJ – Je Suis une Bande de Jeunes
www.jesuisunebandedejeunes.com

Dans le genre disciples de Tinyvices, les gens de Jesuisunebandedejeunes s’en sortent plutôt très bien. Tinyvices, le site de l’ancien photo editor de Vice US, Tim Barber, a défini une nouvelle forme de photographie contemporaine après laquelle tout le monde court en essayant de faire mieux. Ce qui est tout simplement impossible. Pourtant j’aime bien recevoir les newsletters de jesuisunebandedejeunes parce qu’ils découvrent régulièrement de chouettes photographes qui prennent de jolies photos de type journal intime de l’ennui et paysages en demi-teintes. Vous devriez aller sur leur site afin d’y acheter leur seconde publication dans le but de les encourager à dénicher pleins de jeunes photographes que nous pourrons ensuite essayer de leur bébar. 

BERNT OLD


LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE PAR CEUX QUI LA FONT
De Anne-Céline Jaeger
Éd. Thames & Hudson


Étant moi-même ce que l’on appelle un tographe, j’ai bien été forcé de me pencher un peu sur l’aspect théorique de mon médium. Le problème c’est qu’il n’y a rien de plus casse-couilles et démotivant qu’un cours sur Rodtchenko ou se farcir un bouquin de théorie écrit par une veille rombière aigrie qui n’a d’autre prétention que d’empêcher quiconque de sortir de table avant d’avoir fini ce gros repas indigeste : l’histoire de l’art. Bien entendu il faut goûter un peu de tout, mais on pourrait faire ça dehors, dans l’herbe, avec une bouteille de pinard et des filles en jupes. Au lieu de se taper un repas de famille interminable avec des connards d’adultes qui continuent de débattre assis pendant encore une heure après le dessert (tout ça à cause de cette saloperie de café). Nous, on voudrait juste aller jouer dehors avec Théo et Ambroise. Alors je sais pas si mon histoire de repas c’est très clair mais en gros l’intérêt de ce bouquin c’est qu’il est composé uniquement d’interviews de gens passionnés (Martin Parr, Eggleston, Mary Ellen Mark, Stephen Shore, etc.), qui répondent à des questions simples comme : « Quel conseil donneriez-vous à un jeune photographe ? » Du coup ça donne envie d’aller prendre des photos et par extension de s’intéresser sincèrement à l’histoire et aux questions qui sous-tendent notre pratique au lieu de s’embourber dans des problèmes théoriques stériles et pas du tout déconneurs.

CHEESE-NAN GOLDIN



PENSER LA VITESSE
De Stéphane Paoli
Éd. Arte Vidéo


A priori j’ai le métabolisme d’un koala (aussi appelé paresseux australien et qui « dort 18 heures par jour mais peut se déplacer rapidement et efficacement s’il se sent menacé. » Merci Wiki) Voire même, d’un koala en hypotension. Mais me sentant effectivement menacée par mon patron-ici si je ne rendais pas ce papier dans les délais qu’en tyran absolu et totalitaire, il a lui-même fixés, je me décide enfin à m’activer (rapidement sans doute, efficacement, c’est une autre histoire). Et ne peux m’empêcher de relever l’ironie de traiter un DVD intitulé Penser la vitesse alors que ma devise pourrait se résumer à « je pionce donc je suis ». Dans ce documentaire de Stéphane Paoli, le philosophe et urbaniste Paul Virilio, auteur de L’insécurité du territoire et de Cybermonde, dénonce la technicisation du monde, la suprématie des technologies et la dictature de l’instant, donc de la vitesse, illustrées par des exemples comme le 11 septembre ou l’ouragan Katrina. Et ça, ça fout la trouille aux koalas.

LOUISE BOURGEOISE



À CAUSE D’UN ASSASSINAT
De Alan J. Pakula
Éd. Paramount Home Entertainment Video


Bon, imaginons qu’un cinéphile psychopathe me colle un flingue sur la tempe et m’oblige à choisir entre deux films dénonçant la corruption politique des hautes sphères de Washington. Pourquoi ferait-il ça ? Ben parce que. C’est. Un. Psychopathe. Eh bien moi, je dis facile. Sans hésitation aucune et sans remords ni culpabilité, j’avouerais ma préférence pour À cause d’un assassinat (The Parallax View en VO, mais un jour il faudra vraiment qu’on m’explique pourquoi en France il semble important de flinguer les films étrangers en confiant la traduction de leurs titres à de dangereux fondamentalistes du marketing. Peut-être une technique pour s’assurer que les films français continuent à faire des entrées), avec son journaliste alcoolo et cynique (Warren Beaty) par rapport au charmant Mr Smith au Sénat de Capra (Mr Smith Goes to Washington, et là encore comprenne qui voudra la subtilité de la frenchisation), avec son boy-scout au grand cœur (James Stewart). Brillant, bien plus parano, bien plus sombre. Et surtout sans putain de happy end. Bon d’accord, le film, qui date de 1974, ne ressort le 11 mars qu’à L’Action Christine, mais y’a toujours le DVD.

COCO DUFOUR

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