J’ai demandé par texto à un pote de me définir Matthew Barney en trois mots. Il est revenu avec « Mode inutilement compliquée. » C’est pas mal. Cependant, à mon humble avis, la chose la plus remarquable dans le travail de Matthew Barney est sa façon de convaincre les gens de le payer rondement pour s’acheter de la bonne came, jouer avec des matériaux cool comme de la gelée, aller dans des endroits où il y a des icebergs, filmer des conneries sur ces icebergs, et mettre tous ces trucs dans des galeries et des musées. Et en ce sens, il m’est particulièrement sympathique.
Mais ce n’est pas seulement le cas de Barney. Tous les artistes passent la moitié de leur temps à convaincre des gens pétés de thunes qu’en achetant leurs œuvres, ils placent leur argent – thésaurisé durant ces longues années en trop dans le monde du travail durant lesquelles il s’est agi, pour eux, de ne surtout pas laisser la place aux jeunes – dans quelque chose de sérieux. Du coup, quand vous allez au musée ou dans une galerie et que vous vous mettez à penser « tiens, c’est merdique », vous avez parfois raison. Non, rien ne vous échappe et oui, vous êtes assez futé pour jauger ce que vous avez sous les yeux.
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Il suffit qu’un connard un peu riche investisse dans une œuvre quelconque. Le monde entier se met à louer le travail de l’artiste qui a produit cette chose. Sa merde se retrouve dans les galeries, les journaux, les conversations : « Hé, ça doit déboîter, si c’est dans cette galerie. En plus, machin de tel magazine en a parlé. »
Si vous dites à ces gens que vous trouvez que ça ne déboîte pas (essayez d’utiliser leur vocabulaire), ils vous répondront probablement que vous ne saisissez pas l’envergure du travail de ce type, l’artiste contemporain. Méfiez-vous de ces gens. Si vous pestez à voix haute, genre « On se fout vraiment de ma gueule, là ! », ils s’éloigneront, préférant persister dans l’erreur plutôt que remettre en question un habitus culturel particulièrement vorace (dans le sens où la culture a phagocyté l’art). Vos amis dépourvus de goût se mentent à eux-mêmes, et ce depuis beaucoup trop longtemps.
Je vous parle de tout ça parce que Matthew Barney prépare un nouveau spectacle à New-York. Ancient Evenings, « une installation/opéra sur la mythologie égyptienne et l’ascension et la chute de l’industrie automobile aux États-Unis, avec une touche de CSI pour faire bonne mesure ». Jésus, Marie, Joseph. Je n’irai certainement pas le voir, d’autant que j’aurais trop peur de croiser sa copine.
Ici, on peut voir Barney quand il était mannequin pour J. Crew
.
Ça, c’est une œuvre de Barney que j’ai eu la malchance de voir en personne. Je vous dirais bien « allez-y, lancez un débat », mais j’ai
peur que le débat en question ne s’arrête jamais parce que, franchement, de quoi ne pourrait-on PAS parler ?
Je suppose que Barney et d’autres personnes ont fait une longue croisière ou un truc dans le genre et que les gens de son équipe ont fini par le trouver tellement insupportable qu’ils ont décidé de le foutre par-dessus bord.
Malheureusement, ils n’ont pas réussi à s’en débarrasser et il a pu remonter à bord. Ensuite, il s’est mis à dessiner avec un poisson, juste pour les emmerder.
Voilà une photo de Barney en train de parler. C’est bizarre, mais il me fait penser à ce genre de type qui te vire de sa fête en s’excusant.
Cela dit, je veux bien admettre que Barney est un géant de l’art contemporain, mais uniquement parce que son travail a été la source d’inspiration de cette vidéo. Si vous osez dire que l’art de Barney vous a plus touché que cette vidéo vous a fait rire, vous êtes un menteur. C’est aussi simple que ça.
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