Restavrant, ou la musique qui servirait de B.O. à un film dans lequel ta daronne se fait violer par des ouvriers du sud texan qui viennent de s’appliquer de la bière sur le torse pour faciliter le bronzage. Troy et Jon sont un peu des gros bourrins, et aiment à entretenir cette image.
Jon joue sur une batterie faite maison (la grosse caisse est un
jerrican d’essence ; une caisse de Lone Star Beer fait office de tome,
le charley est fait de plaques d’immatriculations ; etc..) qu’il
s’essaie à défoncer à coups de bâtons de 3cm de diamètre (le mec a
passé quinze minutes avant le concert à demander partout si « quelqu’un
aurait une scie » pour pouvoir découper des tiges en bois de deux
mètres de long pour en faire des baguettes de batterie) qui explosent
au rythme de trois par chanson. En plus de ça, il fait le con sur un
Microkorg et joue de la boîte à rythme. Troy, pour sa part, est un
ouvrier du sud texan qui joue du banjo sur sa guitare avec un peu de
reverb et surtout plein de distorsion, et qui chante bien mais un peu
comme un…bourrin. Pour faire simple et pas du tout alléchant :
Restavrant est un groupe de country-electro-punk.
Videos by VICE
C’est quoi votre putain de problème ?
T.O.M. : Beaucoup de choses…
J.S. : Nous sommes avant tout des professionnels.
Qu’est-ce que Pitchfork pense de vous ?
J.S. : Mmmh…
T.O.M. : Ils nous ont filé quatre fourchettes (« four forks »)
Hein ?
J.S. : C’est comme dans The Source, ils te filent cinq micros (« five mics »). Donc nous on a eu quatre fourchettes.
T.O.M. : Mais on a pas eu les trois tridents.
J.S. : Trident ça veut dire trois dents, non ?
T.O.M. : Est-ce que Vice cherche à entretenir une certaine haine contre Pitchfork ?
Pas spécialement. C’est une haine qui m’est personnelle.
J.S. : On dirait que Pitchfork a le dernier mot sur ce qui est « cool » et sur ce qui ne l’est pas. Mais ça fait quand même longtemps qu’on dit ça, donc… Peut-être qu’ils n’ont plus le dernier mot, maintenant ? Il y a beaucoup de groupes qui attendent de savoir ce que Pitchfork pensent d’eux avant de se considérer comme un bon ou mauvais groupe. C’est triste.
Ce que j’ai toujours trouvé incroyable, c’est qu’ils arrivent à donner des notes à décimale…
J.S. : Ouais… C’est une question d’incréments. C’est du calcul différentiel.
T.O.M. : Il faut arriver à la décimale parfaite, mec.
Cette question est pour toi, Jon. C’est quoi le putain de problème avec tes baguettes (i.e. : de batterie) ?
J.S. : Ca fait beaucoup de questions qui commencent par « c’est quoi le putain de problème ».
Je fais l’interview. Toi, tu réponds.
J.S. : Mes baguettes sont parfaites. Parfaitement équilibrées.
C’est des Tiger Woods ?
J.S. : J’ai une équipe chez Vic Firth qui travaille jour et nuit pour que mes petites chéries cassent parfaitement, quand elles cassent. Nous cherchons à maximiser les chances de blessures à l’œil pour le public.
Bah écoute, moi je n’ai pas été blessé à l’œil, mais y’a un bout de ta baguette qui a atterrit dans mon whiskey.
J.S. : Et ton whiskey a tout de suite eu meilleur goût.
C’est vrai. Comment décrirez-vous votre musique ?
J.S. : C’est « très magnifique » (en français dans le texte)
T.O.M. : Ouais, notre musique est complètement « merde » (en français dans le texte)
Ok, les mecs…
J.S. : Si tu veux la vérité, c’est une grosse blague.
T.O.M. : Hein ? J’étais pas au courant. Va falloir qu’on ait une petite réunion de groupe, Jon.
J.S. : Non, mais sérieux, on a grandi ensemble et on faisait ça pour déconner, et, un jour, un mec nous a demandé de jouer à une teuf. Et ça a marché.
C’est marrant, ça, parce que vous êtes pas le seul groupe à dire avoir commencé comme ça.
J.S. : Ouais. Ce genre de truc marche parce que y’a quelque chose de pure là dedans, c’est de la musique sincère. On veut juste que les gens fassent la teuf et se marrent. C’est un mélange de profondeur et de débilité.
Et sinon, qu’est-ce qu’il se passe, rapport à ton charley (i.e. : de batterie) ? T’as plus de plaques d’immatriculation, sur ta bagnole, maintenant !
J.S. :Ah, là je suis obligé de remercier mon ami de Victoria, Texas, qui me fournit en plaques d’immatriculation. Je suis à peu près sur que c’est illégal, mais en tout cas j’en ai plein.
Donc vous êtes un peu dans les voitures, tout ce genre de trucs.
J.S. : Exactement. Par exemple, ce soir, je vais aller dans ma voiture, et rentrer chez moi avec.
Et c’est quoi ta caisse ?
J.S. : Une cinq portes de chez Saks Fifth Avenue (i.e. le grand magasin de luxe).
Olah. Je sais pas si c’est parce que je suis français ou quoi, mais je comprends pas.
T.O.M. : T’inquiète. C’est rock and roll.
J.S.: Y’a rien de plus rock and roll qu’une cinq portes de chez Saks Fifth Avenue. Le volant est en diamant et la carrosserie, c’est Gucci.
T’es vraiment un mec classe.
J.S. : Non, juste riche.
Troy, question pour toi : tu joues sur une guitare country avec la masse de distortion. C’est un peu ta signature, ce son ?
T.O.M. : Ouais, enfin, je suis pas le seul… mais ouais, c’est ce que j’aime.
Ta guitare, c’est Johnny Cash qui te l’a donnée ?
T.O.M. : Ouais, juste avant de mourir, il me l’a envoyée par la poste. Il voulait me filer son chapeau mais il s’est dit qu’une guitare, c’était plus sympa, quand même.
Interview : THOMAS BELLIER
More
From VICE
-

-

The Apple Watch Ultra 3, because there aren't pics of a rumored, unreleased Ultra 4 yet. – Credit: Apple -

Bruce Willis -

Nickelodeon