Slayer a des tee-shirts cool mais plutôt crever que de les porter

« Pourquoi ne pas supporter l’un de vos groupes préférés ? » me demanderez-vous. C’est simple : la majorité de leurs fans sont des putains de connards. Ça vous est déjà arrivé d’apprécier un groupe et d’apprendre que leurs fans sont tellement foireux que vous hésitez à porter leur tee-shirt ou même à écouter leur musique de peur d’être harcelé par un de leurs « enthousiastes » ? Jésus Marie Joseph, bien sûr que ça nous est déjà arrivé.

Admettons que vous enfiliez votre tee-shirt Reign in Blood un samedi après-midi en vous réveillant d’une sieste de 13 heures pour aller au centre commercial choper à bouffer au Kentucky Fried Teriyaki Taco Temple. Problème numéro 1 : le KFTTT est à l’intérieur du putain de centre commercial. Problème numéro 2 : il y a écrit « SLAYER » en grosse lettres sataniques sur votre tee-shirt. Or, le centre commercial n’abrite que des crétins. Les crétins écoutent Slayer. Les fans de Slayer sont atteints d’une forme rare du syndrome de la Tourette qui leur fait hurler « Slayer ! » dès que l’opportunité se présente, et même quand elle ne se présente pas. Parfois, ils sont juste là à rien foutre à côté du kiosque à journaux, à mater les MILFs et quand ils aperçoivent un de ces tee-shirts, ils se disent que n’importe qui apprécierait de se faire sauter dessus par des singes attardés avec des coiffures de mecs dangereux qui gueulent « Slayer ! » à travers leurs sabots de vieux gorets. Mec, les meufs détestent ce genre de conneries. D’ailleurs, en général elles appellent carrément les flics.

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Mais revenons-en à mon tee-shirt. C’est lui la vraie victime dans cette affaire. Je déteste quand on repère mon tee-shirt et qu’on m’envoie des « Slayer ! » au visage en hurlant pour attirer l’attention sur moi. Les gens croient qu’on est potes. Mais non. Je ne te respecte pas. Et maintenant, à cause de toi, je ne respecte plus Slayer. Sauf quand je suis tout seul. Humanité, tout ça est de ta faute !

Dans un autre genre, il y a les fans de Radiohead. Il sont moins susceptibles de faire fuir les meufs ou de foutre le feu à ta baraque en faisant exploser leur methlab, mais ils sont très, très chiants lorsqu’il s’agit d’avoir une conversation. Ces mecs sont incapables de faire court, surtout quand ils parlent de sous-genres musicaux. Préparez-vous à voir tout ce que vous aimez se faire analyser avec passion et/ou dédain à travers le spectre du génie, inséré au plus profond de chacun de nous par l’urètre bénévole de Thom Yorke. Clairement, Hail To The Thief a marqué la fin de l’ère féerique, mais les plus accrocs n’ont pas eu l’air de capter. Et si Thom Yorke faisait un pet foireux dans la forêt et que Mike Patton reproduisait le bruit avec sa bouche sans que personne ne soit là pour les entendre, est ce qu’ils le feraient quand même ? Peu importe, parce que les ultras fans de ces deux prophètes de l’abîme ont déjà dédié des pages Facebook à ces deux sons, qu’ils soient sortis de leurs orifices ou non. Vous feriez mieux d’aller « liker » avant de vous sentir rejeté du clan des mecs qui apprécient les « brillantes » conneries de ce genre.

En parlant de brillantes conneries, Tool est connu pour sa musique innovante, cérébrale et ambitieuse. Mais alors putain, comment ils ont fait pour se retrouver avec la même fan-base que les amateurs de tracteurs, de rap-metal et de F1 ? Peut-être que « Prison Sex » a foutu un coup de nostalgie à ces têtes de mulet. Ça leur rappelle sans doute leurs nuits torrides passées en prison avec leur compagnon de cellule.

Malheureusement, les classiques n’y échappent pas non plus. Pour un mec qui prônait la sobriété, Frank Zappa a réussi à écrire la BO d’une génération de camés tellement empêtrée dans ses travers sordides qu’elle inciterait presque ses futurs auditeurs à se casser en courant. Merci Frank. À cause de tes fans, personne ne peut plus faire de musique un peu avant-gardiste. Dès que quelqu’un s’injecte assez d’héro pour avoir l’impression de rétrécir au point d’entrer dans le trou de sa guitare acoustique et de se mettre à pondre des morceaux, ses fans sont là : « ouais, Frank a déjà enregistré tout un album à l’intérieur d’un piano, t’arrives un peu tard mec ». Eh bah tu sais quoi ? T’es un gros connard. Les innovations sont faites pour être copiées et réinventées. Demandez à Elvis et Lady Gaga. Du moment que les gens se servent de leurs influences, que ce soit super ou pourri, c’est cool. C’est les reprises insipides qui servent à rien. Mais vous préférez sans doute les hommages tout nazes au nom de la décence et du respect. Vous avez arrêté de lire d’ailleurs, non ? Vous avez sombré dans un semi-coma. S’il vous plaît, laissez vos commentaires ci-dessous dans le vivarium du serpent de la femme à barbe. Et en parlant de classiques, le fait est que les fans de Pink Floyd sont l’équivalent des supporters du PSG ou de l’OM. Ils sont tellement nombreux qu’il est dur d’aller pisser sans se prendre une giclée par un « vrai fan ». Nous appelons donc à une migration forcée vers la fan-base de King Crimson ou un homicide de masse des baby-boomers vieux et moches.

Pour terminer, enfin pas vraiment en fait, le problème « Rage ». Rage Against the Machine était un groupe qui avait un message – un message que la plupart de ses fans n’ont jamais compris. Voici un indice pour les esprits un peu lents : « Bulls on Parade » n’est pas une hymne au rodéo et « Take the Power Back » n’est pas une référence à la fin des programmes de protection sociale. Enfin, pour terminer pour de vrai cette fois-ci, on ne peut plus porter de tee-shirt Minor Threat parce qu’on ne veut pas qu’un de leur fans niqués vienne nous démonter la gueule parce qu’on a eu l’audace de boire une bière. Pour ces attardés, le message est apparemment que la violence, c’est cool, du moment que personne ne s’amuse. Ce qui remet en question tout ce qu’on a appris, depuis toujours. Tous les fans comme ça devraient arrêter de concentrer leur énergie sur la musique et intégrer un club d’art martial. Il y a de bonnes chances pour que certains d’entre eux s’y sentent comme chez eux, ce qui pourrait éventuellement nous convaincre de les regarder se foutre sur la gueule, mais uniquement après avoir fumé une clope, niqué une pute et s’être enfilé une bouteille de rhum avec un entonnoir. Et ouais : il est raisonnable d’obéir à une logique.

GUION BENTLEY & SHANE GILLIS

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