Soixante-cinq quarante-neuf ?

Photo : Maciek Pozoga

Il y a cinq ans, Krikor était apparenté à ce mouvement inventé de toutes pièces par les journalistes des musiques électroniques : la micro-house, censée mettre un nom sur cette forme de house pas filtrée et pas dancefloor que produisaient dans leur chambre des Parisiens un peu nerd. En 2009, les choses ont changé, et tout le monde semble avoir compris que cette musique d’autiste était tout de même un peu relou sur les bords. Krikor fait à présent de la pop compliquée avec des passages chantés, et d’autres plus ambient. C’est très bien. Pendant qu’on discutait, son frère est venu lui taxer de la thune. Manque de bol, il ne souvenait plus de son code.

Vice: Tu fais quoi comme musique ?

Krikor : 
J’aime plein de trucs. J’aime la house, j’aime le rock, j’aime la booty. Je ne me mets pas de barrière. Faut que t’écoutes le disque, quoi.

Bah on l’a pas encore reçu.

Ah merde. Parce que les morceaux qu’il y a sur mon Myspace n’ont rien à voir avec la musique que je fais maintenant. Le morceau le plus récent doit dater d’il y a deux ans. Tu veux pas qu’on parle du Brésil plutôt ?

Ouais, mais après. T’arrives à vivre des musiques électroniques ?

On vit jamais des musiques électroniques. C’est faire des DJ set qui rapporte de l’argent. Et encore, c’est compliqué.

T’aimes pas jouer devant des gens ?

Ah si, au contraire. J’aime à la fois jouer ma propre musique, et aussi celle des autres. Je joue de tout : de l’electro, du rock, de la house, du funk. J’aime bien tout mélanger. Je peux jouer des vieux trucs disco avec de la house de New York, puis mettre encore d’autres styles de musique par-dessus.

Toute cette histoire de micro-house, c’est fini maintenant ?

Tout vient de ce que les gens adorent foutre les gens dans des cases. À une époque, j’ai été apparenté à cette scène parce que j’avais des goûts en commun avec certains des gens qui en faisaient partie. Avec ce nouvel album, on essaiera sûrement de me faire rentrer dans d’autres cases. Alors même que selon les morceaux, ma musique peut être très différente.

Et tu continues France Copland ?

Ça fait deux ans que je n’ai pas sorti de morceau sous France Copland. Peut-être que ça reviendra, je sais pas. C’est un truc plus ou moins en suspens.

C’est à cause du mail qui avait tourné sur Internet, dans lequel tu répondais super mal à un mec d’Universal ?

Non ça n’a rien à voir, mais l’histoire est marrante. J’avais répondu à un mec qui voulait un des morceaux de France Copland pour une compile Brésil Electro qui devait sortir chez Universal. Ils devaient trouver que le morceau Rutger Hauer avait quelque chose de brésilien. Toujours est-il qu’ils voulaient que je joue là-bas sans me payer le billet d’avion. Ben je leur ai dit d’aller se faire foutre.

JULIEN MOREL
L’album de Krikor & The Dead Hillbilllies Land of Truth est disponible chez Tigersushi/Discograph

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