Ian Astbury (à gauche) et Billy Duffy (à droite) – Photo : Tim Cadiente
The Cult fait malheureusement partie de ces groupes qui peinent à renouveler leur public. En France, lors de ses concerts, vous avez de grandes chances de ne croiser que des quarantenaires ne jurant que par Dreamtime et Love, les deux premiers albums post-punk/gothico-romantiques sortis par la paire Astbury/Duffy. Aux États-Unis, il s’agira plutôt de nostalgiques de la période hard rock du groupe, marquée par deux disques majeurs ayant connu un succès phénoménal outre-Atlantique : Electric, produit par Rick Rubin, et Sonic Temple, réalisé par Bob Rock.
Une situation injuste, tant The Cult a toujours su évoluer et s’adapter à l’époque sans jamais rien perdre de son identité. Pour preuve, les récents Born Into This (2007), Choice of Weapon (2012), et aujourd’hui Hidden City, qui n’ont absolument rien à envier à leurs prédécesseurs 80’s et early 90’s. D’ailleurs, Ian Astbury vit dans le présent, et surtout pas dans le passé. Ce qu’il nous fait bien comprendre d’entrée de jeu, avant de se lancer dans tout un tas de réflexions sur la musique et la société actuelle, dans lesquelles se croiseront, entre autres, Karl Lagerfeld, Sunn O))), Kanye West, David Bowie, Boko Haram et Francis Bacon.
Noisey : Cette interview est pour notre rubrique « Range Tes Disques », dans laquelle on demande à un artiste de classer les albums de son groupe, de celui qu’il aime le moins à celui qu’il aime le plus, et d’expliquer son choix, tu es OK ? Ian Astbury :
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[Rires]ViceÉcoute, vous avez un parcours assez long, riche et très diversifié et cette rubrique intéresse généralement beaucoup les lecteurs. Après, si tu ne veux pas, pas de problème…Cette rubrique n’a rien de nostalgique, elle permet juste de parler des dessous de chaque disque et des impressions d’un ou plusieurs de ses auteurs, mais si tu le vois comme ça, je ne vais pas te forcer. Parlons du nouvel album, Hidden City, alors. En quoi constitue-t-il une trilogie avec les deux précédents, puisque c’est la façon dont les choses sont présentées ? Vu qu’après Born Into This vous aviez annoncé ne plus vouloir sortir d’album, cette histoire de trilogie n’était pas donc pensée dès le début…visiblement, il a complètement oubliésorti en 2001Born Into Thispour les Doors Of The 21st CenturyBorn Into This40 ans.producteur de renom et bassiste de Killing JokeChoice of Weaponproducteur de Kyuss et Queens Of The Stone Age et leader de Masters Of RealityHidden CitySur l’album, il y a ce morceau, « Dance The Night », très différent des autres car relativement joyeux…RiresÀ propos de « Deeply Ordered Chaos », son titre t’a été inspiré par les œuvres de Francis Bacon, c’est ça ?Ce que j’ai toujours aimé avec toi, c’est que tu as su rester très curieux. La grosse majorité des musiciens, et encore plus lorsqu’ils ont dépassé la trentaine, semblent ne plus s’intéresser à rien, et se contentent d’écouter les quatre ou cinq groupes les ayant marqués durant leur jeunesse. Toi, tu t’es toujours intéressé à l’art, aux groupes actuels, aux nouvelles tendances…la musiquecraint aujourd’hui, il n’y a plus rien de bien, blah blahAimee NashBlackstarWavesLa peur de vieillir n’a jamais été aussi forte que maintenant, c’est clair. C’est le règne du jeunisme.Les autres membres du groupe sont-ils aussi curieux et ouverts que toi ?RiresRiresJ’allais te demander…Ian Astbury est toujours à gauche, Billy Duffy toujours à droite et la photo est toujours de Tim Cadiente.Allez-vous jouer beaucoup de morceaux du nouvel album ? Car la fâcheuse tendance qu’ont les groupes avec une discographie conséquente, c’est de n’interpréter qu’un ou deux morceaux du nouvel album, et toujours le même best of composé de classiques de leur âge d’or…le groupe proto-The Cult dans lequel on retrouvait déjà Astbury et Duffy LoveElectricSonic TempleCeremonyJe suis un gros fan de l’album Beyond Good and Evil, grand oublié de vos setlists en général…C’est dingue, je n’ai jamais compris pourquoi. Autour de moi, de nombreux fans considèrent ce morceau comme l’un de vos meilleurs… Je t’assure !il chante le coupletRiresHidden CityEn 2004, tu avais annoncé la création d’un nouveau groupe, Warriors Of The Mystic Plains, mais rien n’a vu le jour puisque vous avez relancé The Cult. Qu’as-tu fait des morceaux composés à cette époque ?Riresen 2010, le groupe ne voulait plus sortir d’album, mais uniquement des singles appelés « capsules » sous divers formats : CD, vinyle, clef USB, avec à chaque fois deux nouveaux titres, des morceaux live, des courts-métrages expérimentauxOui, c’est tout à fait ça…RiresTu parlais des « capsules » tout à l’heure. Effectivement, après Born Into This, tu avais déclaré ne plus vouloir sortir d’album, que ce format était mort. Pourquoi as-tu changé d’avis ?On veut un album, on veut un album, on veut un album. LowHeroesOn m’a dit que vous ne vouliez pas accorder d’interview à la presse rock et hard rock. C’est vrai ? Ça vient de vous ou de votre management ? Dans ces cas-là, on ne sait jamais trop…Bien sûr.KannonHidden CityMojoComment c’était de tourner avec Guns N’ Roses, combien de bières buviez-vous backstage ?Tu as toujours défendu cette idée du mélange des cultures musicales, notamment avec le festival Gathering Of The Tribes que tu as monté avec Bill Graham en 1990… . Tu penses que la plupart des artistes actuels ne sont pas assez engagés, qu’ils n’ont pas d’éthique ?je suis le meilleur de tous les tempsnon, ce n’est pas vraiOlivier Drago aime tellement l’art, lui aussi, qu’il est rédacteur en chef de New Noise, un magazine auquel vous devriez, en toute logique, être abonnés.