WEED : LES CANNABINOÏDES

Cette semaine j’ai voulu me concentrer sur les cannabinoïdes. J’y ai déjà fait allusion il y a quelque temps, mais j’étais clairement beaucoup moins bien informé à ce moment-là. Et même si c’est un sujet assez difficile à traiter, ce ne sera pas la dernière fois que j’en parlerai. Pour le moment, la majorité des infos disponibles sont écrites par des chimistes pour des chimistes, puis sont ensuite publiées dans des livres super chers et introuvables.

Décrire les cannabinoïdes est pour le moment assez complexe car la science commence tout juste à les comprendre. Les chimistes continuent à chercher et les médecins expérimentent toujours de nouveaux traitements. On ne sait même pas pourquoi les plantes de cannabis produisent des cannabinoïdes, et l’on ne comprend pas davantage les effets des récepteurs de cannabinoïdes sur le cerveau. Cependant, une explication cohérente pour les incultes que nous sommes est en train de voir le jour.

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Pour expliquer les cannabinoïdes, je dois d’abord expliquer les récepteurs de cannabinoïdes (CB). Ils sont présents dans le corps, et jouent un rôle important dans la régulation et la communication entre les cellules. Ils existent chez presque tous les animaux, sauf les insectes. Ils sont stimulés par certaines composantes chimiques et, selon leur position, cette stimulation provoque une réponse. Ces cannabinoïdes existent sous trois formes : les cannabinoïdes synthétiques, les endocannabinoïdes et les cannabinoïdes végétaux. Les CB existent sous deux formes (selon certaines recherches, il y aurait une troisième et une quatrième forme) : CB1 et CB2. Certains cannabinoïdes ne fonctionnent qu’avec des récepteurs bien précis mais ont quand même une préférence pour l’un ou l’autre. Ce système de récepteurs CB existe depuis plus de 600 millions d’années. Le premier endocannabinoïde, l’anandamine – qui n’a été identifié qu’en 1992 – est un constituant indispensable de notre système. Sans lui, notre corps ne pourrait pas fonctionner et se résumerait à une bouillie infâme.

Des chercheurs ont démontré que les cannabinoïdes agissaient comme une sorte de neuroprotection et pouvait conduire à la création de nouveaux neurones. Ils auraient aussi un rôle à jouer pour arrêter les lésions cérébrales. Quand le cerveau ne reçoit pas assez d’oxygène, de multiples réactions se produisent instantanément et les cellules commencent tout simplement à s’autodétruire. Et en se détruisant, les cellules vont libérer du calcium dans le système nerveux. Cependant, si les récepteurs CB sont actifs durant ce processus, l’excès de calcium peut être stoppé. S’il est presque impossible d’administrer des cannabinoïdes durant une attaque ou au cours d’une suffocation, en revanche, ils peuvent intervenir dans les cas où les lésion cérébrales se produisent sur une plus longue période.

Les cannabinoïdes peuvent aussi réduire les chances de tumeurs au cerveau. Quand les récepteurs CB s’accrochent sur la surface de la tumeur, la tumeur va arrêter de se développer et ne va plus être en mesure d’ingérer les nutriments de l’organisme. En cas d’ostéoporose, les cannabinoïdes empêchent la production d’ostéoblastes, qui sont les molécules responsables de la fracture et de l’affaiblissement des os. Les récepteurs CB se trouvent dans tous les tissus et tous les organes de notre corps, et plus on cherche, plus on saisit l’impact décisif que peuvent créer les cannabinoïdes sur notre système immunitaire – il s’agit en réalité d’un excellent moyen de préserver le corps humain.

Dans le cannabis cultivé, on peut trouver cinq types de cannabinoïdes : THC , CBD , CBG , THCV et CBC. En plus de ces cinq-là, on en trouve environ 80 autres mais qui sont présents sous des concentrations bien moins importantes. Alors que le THC et le CBD ont fait l’objet de nombreuses recherches, les façons dont le CBG et le CBC peuvent nous affecter demeurent obscures. Selon certains experts, ils pourraient harmoniser les effets des autres cannabinoïdes.Les THC sont ceux qui produisent les effets psychédéliques qui sont en général associés à la marijuana. Les CBD, quant à eux, seraient davantage utilisés pour leurs bienfaits sur le système immunitaire.

Les terpénoïdes et les phénols se mélangent dans la plante pour former les CBG. Les CBG font parti des cannabinoïdes fondamentaux – ils sont par la suite transformés en enzymes. La plupart des plantes ont un taux de concentration en cannabinoïdes plutôt constant mais pour autant, le ratio de ces cannabinoïdes CBG varie beaucoup. C’est ce ratio qui détermine les effets que peut produire la plante. Historiquement, les plantes ont été cultivées pour leur forte concentration en THC et des preuves ont confirmé que cette production sélective existait bien avant notre ère en Inde et en Chine.

Beaucoup de producteurs et de pharmacies ont commencé à s’intéresser aux variétés à fort taux de CBD. C’est même la première fois que le cannabis est cultivé pour autre chose que la THC. Ce n’est que très récemment, à travers les progrès de la sciences et de la médecine, que l’on a découvert que les véritables effets des CBD. Les résultats de ces 40 dernières années de production sélective ont été très concluants, et il serait intéressant de voir ce qui va se passer à présent. Grâce aux nombreuses recherches accomplies durant les 60 dernières années, on a trouvé les bases scientifiques pour soigner pas mal de maladies : le cancer, le diabète, la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques, la dépression et l’hyperactivité, juste pour en citer quelques unes. Historiquement, le cannabis aussi a été utilisé pour guérir un nombre conséquent de troubles ; mais c’est seulement aujourd’hui que l’on cherche des preuves scientifiques tangibles. Après des milliers d’années d’utilisation du cannabis, il a fallu attendre les 20 dernières années pour que le genre humain se décide à comprendre les cannabinoïdes.

ZACHARY G. MOLDOF

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