
À Bordeaux il y a plein de groupes de rock hyper bien qui font parler d’eux, sauf qu’ils font tous la même musique. Ils ont l’air d’être persuadés qu’il y a jumelage entre Atlanta et leur patelin : chemises à carreaux, poils et garage des vertes plaines font partie des tidbits locaux. Permanent Vacation, c’est le contraire de tout ça. Imaginez un soft rock sous produit influencé par tous les effets dont le LSD est capable et créé par des mecs qui pensent que Séville est la capitale du monde. C’est comme si Neil Young avait joué pour Spacemen 3 en buvant de la sangria dans un bar à tapas. On a été les rencontrer à leur fac, histoire de comprendre comment ce genre de concept inconcevable avait pu germer dans un esprit humain.
Vice : Pourquoi vous faites de la musique ?
Clément : Pour ces instants géniaux où tu joues devant plein de monde, qu’ils t’écoutent, qu’ils sont juste contents d’être là. On aime accompagner les gens quand ils vont boire des coups.
Vous avez enfin trouvé une vraie batteuse ?
Clément : Ouais, elle est un peu plus âgée que nous, mais elle est sympa. On sait pas trop ce qu’elle fait dans la vie, elle connaît des trucs en psychologie. Surtout, elle est vraiment belle. En plus, elle sait chanter, et dans mon idéal du groupe parfait, y’a toujours une meuf qui chante avec un mec. C’est super ado mais j’adore.
James : Moi aussi j’ai toujours voulu jouer avec une fille. Hier pendant le set j’ai fait quelques pains relou, je flippais un peu mais elle m’a rassuré, tu vois. C’est une sorte de maman.
Vous l’avez recrutée parce qu’elle est jolie, non ?
Clément : Non, c’est elle qui nous a contactés via Myspace ! Elle écoute pas trop la même musique que nous, et tant mieux parce qu’on détesterait faire un truc trop référencé.
Pourtant les reverb, par exemple, ça fait vachement Spacemen 3.
Clément : Pour l’instant on fait des morceaux un peu mignons qui parlent d’amour, mais on compte pas faire ça éternellement.
James : Ouais on aime bien que ça sonne crade, mais c’est une forme d’amateurisme forcé. Et quitte à faire un truc dégueulasse, autant le faire en une seule piste, que ça sonne instinctif.
Clément : On n’a pas les moyens techniques des groupes de petits bourges, mais si on pouvait avoir un meilleur son, on dirait pas non.
C’est quoi votre histoire d’Aquitaine libre ?
Clément : C’est notre projet secret : créer un pays autonome. Il serait fondé des thèmes qui nous touchent : le rêve, la volupté et la sieste. Je projette d’entretenir des liens privilégiés avec, entre autres, l’Amérique du Sud et le Maghreb.
Mais ça existe pour de vrai votre truc ?
Clément : Y’a déjà des groupuscules d’action un peu partout. On prône une vie simple, un retour à la culture du potager…
James : J’ai rien à voir avec tout ça, hein.
Clément : … J’ai quelques problèmes pour le côté concret, mais c’est en projet. Ah oui aussi, l’espagnol serait en langue obligatoire.
Vous êtes d’ailleurs fascinés par l’Espagne…
Clément : Mes grands-parents sont espagnols, c’est la raison. Ce pays, c’est un Eldorado pour moi, mais ça ne correspond pas à la réalité.
James : J’ai des souvenirs incroyables de l’Andalousie. On avait fait un voyage scolaire en troisième, et j’avais vu une célébration religieuse chelou avec des mecs qui portaient d’immenses chapeaux blancs. C’était fou.
Clément : Des membres obscurs de l’église de la Vierge Marie.
James : Non, ça existe vraiment. L’Espagne c’est pas que les nuques longues et les types torse nu sur la plage. Arrête de te foutre de ma gueule.
Leur premier maxi sortira très bientôt chez Satellite Of Love
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